Crise économique : le gouverneur de la Banque centrale doit être tenu pour responsable (Gemayel)

  • ACTUALITÉS

« Le Liban a été gouverné sans budget pendant plusieurs années. Comment voulez-vous qu’on puisse contrôler les dépenses de l’Etat ? En dépit de trois recours devant le Conseil constitutionnel, l’organe a validé le premier projet de budget (2017) sans que les comptes des années précédentes (2005-2017) n’aient été examinés. »

Une déclaration signée Samy Gemayel. Le chef du parti Kataëb s’exprimait lors d’une conférence organisée conjointement par la « Maison du futur » et la Konrad Adenauer Foundation, et qui avait pour thème « La mauvaise gouvernance : étude de cas : Alvarez & Marsal ».

« La mafia, qui contrôle le pays, empêche depuis des années l’inspection générale des finances de la Banque centrale, celles de l’Etat et de ses institutions. Le gouverneur de la BC devrait être tenu responsable d’avoir caché aux Libanais pendant des années la réalité sur les finances de l’institution et d’avoir concocté des ingénieries financières pour tenter de camoufler la catastrophe économique », a-t-il déclaré.

« Il n’y aura pas de changement tant que les Libanais n’auront pas sanctionné les « députés-momies » qui ne se sont pas mobilisés pour dénoncer la mauvaise gestion des affaires publiques », a estimé Gemayel.

« Le système judiciaire est impuissant face à la mafia qui empêche le contrôle des comptes de la Banque centrale, une boîte de Pandore qui risque d’éclabousser la classe politique avec toute une panoplie de scandales liés à la gestion des affaires publiques », a affirmé Gemayel.

Le chef du parti Kataëb a assuré que le temps de l’impunité était révolu, appelant à sanctionner toutes les personnes responsables de l’effondrement du Liban.

Par ailleurs, selon lui, la gestion du traitement des déchets constituerait l’un des plus grands scandales de l’histoire du Liban, notamment pour les centaines de millions de dollars versés sous forme de commissions.  

« Les frais facturés à l’Etat par la société Sukleen s’élevaient à 180 dollars la tonne de déchets. Aujourd’hui, la compagnie en charge du traitement des ordures facture la tonne à 60 dollars, en faisant au moins 50% de profit », a-t-il souligné.

Un autre scandale…celui des barges turques de production d'électricité. Samy Gemayel a rappelé que son camp avait sollicité la justice pour faire la lumière sur les appels d’offres douteux et les contrats conclus, dans des conditions opaques, entre Beyrouth et l'entreprise turque Karpowership, en vain.

Source: Kataeb.org