Gemayel: l’ONU doit assumer ses responsabilités vis-à-vis du Liban, otage du Hezbollah et de l’Iran

Gemayel: l’ONU doit assumer ses responsabilités vis-à-vis du Liban, otage du Hezbollah et de l’Iran

Dans une interview accordée à la chaîne de télévision panarabe “Al Hadath”, le chef du parti Kataëb, Samy Gemayel, a précisé qu’il ne demandait pas aux Nations Unies de s'ingérer dans les affaires du Liban, mais plutôt de garantir la mise en œuvre des décisions prises par le conseil de sécurité, notamment les résolutions 1595 et 1701, et qui ont 

pour objectif la protection de la souveraineté du Liban : c'est-à-dire assurer une sécurité et une gestion efficaces des frontières pour prévenir et endiguer le flux de combattants présumés, freiner les mouvements transfrontaliers illicites d’armes et protéger le peuple libanais de toute agression à son encontre.

Gemayel a souhaité que le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, et les membres du Conseil de sécurité assument leurs responsabilités vis-à-vis du Liban, pris en otage par le Hezbollah et l'Iran. A ses yeux, l’ONU devrait intervenir pour mettre un terme aux agissements de l’Iran dans les affaires libanaises. “ Il y a un état qui se mêle des affaires d’un autre état en finançant une milice qui prend le peuple et toute une nation en otage , ce qui a contribué à la faillite de l'Etat libanais”, a souligné Gemayel. 

Le chef du parti Kataëb a par ailleurs dénoncé les politiques de la classe dirigeante, soulignant que son parti s’était opposé au “compromis présidentiel” de 2018, lequel pava la voie à l’intronisation de Michel Aoun à la présidence de la république. “ Dès le début, les Kataëb n'étaient pas convaincus que l’élection de l'allié du Hezbollah à la magistrature suprême contribuerait à la prospérité de l'État et transformerait le Liban en une véritable plaque tournante”, a précisé Gemayel. 

Et d’ajouter: “ Nous savions d'avance que l'élection d'un candidat du Hezbollah conduirait à l’isolement du Liban et entraînerait les institutions officielles de l’Etat dans un conflit avec les pays arabes et l'Occident. Nous avions mis en garde, rejeté le compromis et refusé de voter pour le président Aoun. En prenant part au compromis pour satisfaire leurs intérêts et obtenir de petits gains, les autres acteurs politiques ont ainsi livré le Liban au diktat du Hezbollah, ce qui a conduit à toutes les catastrophes que nous connaissons depuis l'élection de Michel Aoun. Le président n'a pas réussi à gérer les affaires du pays et la mise en œuvre de ses engagements énoncés dans son discours d’investiture. Depuis 10 ans, il s'est engagé dans l'axe du Hezbollah, aux côtés de l'Iran. L'identité libanaise est en train de disparaître, les gens émigrent et les jeunes cadres cherchent un avenir ailleurs, et nous considérons que l'expérience du Hezbollah et de ses alliés au pouvoir est la plus grande catastrophe que le Liban ait connue.”

Gemayel a ajouté : « Tous ceux qui ont pris part au compromis et qui étaient au pouvoir depuis 2015 jusqu'au soulèvement populaire d’octobre 2019, sont responsables de la situation dans laquelle le pays se trouve, car ils ont pris leurs décisions à l'unanimité, et voté à l'unanimité des budgets fictifs et destructeurs”.

Et de poursuivre: “Ils ont formé des gouvernements à l'unanimité dans lesquels ils étaient tous représentés, sauf nous. Voilà pourquoi je considère qu'ils sont tous responsables de l'effondrement du pays.”

“Ils ont négligé les ministères, le budget, l'économie, et toutes les composantes de l'État en cherchant à satisfaire leurs propres intérêts et en s’octroyant des salaires” a indiqué Gemayel. 

Selon lui, la classe dirigeante cherche à torpiller le système judiciaire afin d’empêcher que les responsables de l’explosion au port de Beyrouth, le 4 août 2020, ne répondent de leurs actes. Par ailleurs, Gemayel a mis en garde contre les tentatives du pouvoir de dissoudre l'État, et son dernier rempart, l’armée, l’institution militaire qui est déjà frappée de plein fouet par la crise économique. 

Concernant le changement attendu lors des prochaines élections législatives, Gemayel a été catégorique: “ Il y a un grand dégoût, une grande colère de la part des Libanais qui souhaitent régler leurs comptes avec tous ceux qui ont détruit leur vie. Cependant, la classe dirigeante essaie d'empêcher le changement de se produire en contrôlant le pouvoir judiciaire et en empêchant les expatriés de voter, toutefois ces tentatives sont restées vaines. Nous unissons les rangs de l'opposition afin d’affronter la classe dirigeante en offrant aux Libanais une alternative sérieuse en faveur d’un nouveau Liban.”

Selon Gemayel, le front d’opposition s’engage à :

1 - Défendre la souveraineté du Liban et rejeter la présence de toute arme en dehors du contrôle de l'Etat.

2- Affronter la classe dirigeante responsable de la situation actuelle et changer l’équation des forces politiques au Parlement pour engager les réformes nécessaires. 

3- Adopter une approche nationale et régionale, et empêcher tout conflit à caractère confessionnel. 

Et d’ajouter: “Nous voulons une supervision directe des élections, c'est-à-dire une supervision internationale et non d'un pays spécifique ou d'une équipe spécifique, pour garantir que ce droit ne sera pas altéré avec la volonté des Libanais, et c'est notre objectif, et pour cela, il doit y avoir une présence sur le terrain d'observateurs qui supervisent directement le processus électoral.”

Source: Kataeb.org